
Revenons sur le mythe originel. Orphée est un musicien et poète, beau et d’un grand talent. Il tombe éperdument amoureux d’Eurydice, mais peu après leur mariage, celle-ci meurt tragiquement d’une morsure de serpent. Désespéré, Orphée descend aux enfers pour la ramener à la vie. Grâce à sa musique déchirante, il parvient à attendrir les créatures souterraines. Pluton, le dieu des enfers, accepte de lui rendre Eurydice à une seule condition : qu’il ne se retourne pas pour la regarder avant d’avoir quitté le Royaume des morts. Cependant, pris par le doute et sensible aux supplications de sa bien aimée, Orphée se retourne juste avant la fin du chemin, perdant ainsi Eurydice à jamais.
Imaginez maintenant un Orphée qui, au lieu d’être l’incarnation de la tragédie antique, est un mari las de son Eurydice frivole et capricieuse, avec qui il se dispute sans cesse. L’une a son amant, l’autre sa maîtresse, mais pour Orphée, il ne serait pas de bon ton de se séparer. C’est pourquoi, lorsqu’Eurydice meurt d’une morsure de serpent, au lieu de pleurer, Orphée se réjouit, le voilà libre ! C’est alors que l’Opinion Publique apparaît, incarnée, et lui ordonne d’aller implorer le Dieu Jupiter de retrouver sa femme.
Orphée apparaît donc dans l’Olympe, et trouve un Jupiter libertin autour de dieux et déesses désabusés, qui s’ennuient affreusement. Tous se réjouissent d’aller chercher Eurydice aux Enfers.
Nous retrouvons Eurydice dans les abysses, mais plutôt que de souffrir dans le silence lugubre des âmes perdues, elle finira par s’amuser terriblement avec les autres morts et participera à leurs fêtes endiablées. Les Enfers sont une véritable boîte de nuit antique, avec des démons et divinités joviales. Au fil de situations absurdes, quiproquos et improbables intrigues amoureuses, tout se termine dans un joyeux désordre où l’on rit franchement, et dont les mélodies restent en tête longtemps après le baisser de rideau.
Tarif normal : 14,50€
Tarif bienfaiteur : 29€ = FILE PRIORITAIRE, PLACE RÉSERVÉE, ACCOMPAGNEMENT À LA PLACE




Note d’intention
Fidèle à son esprit mutin, Offenbach se lance, pour sa nouvelle œuvre aux Bouffes Parisiens en 1858, dans une nouvelle impertinence : parodier l’antiquité. Détourner le mythe d’Orphée et Eurydice ? Sacrilège ! Mais s’en suit un triomphe insensé, porté par l’effet du scandale. Orphée aux Enfers est l’événement fondateur de la renommée de Jacques Offenbach.
Mettre en scène Orphée aux Enfers, c’est chercher cet esprit d’impertinence, s’amuser à détourner, à rire de tout, à transformer la mort même en carnaval. Quel plaisir de monter une vraie comédie déjantée, parlée et chantée ! Le jeu d’acteur passe du burlesque le plus assumé à des moments de grâce suspendus et poétiques, qui nous rappellent quel fin musicien était Offenbach. On retrouve des airs connus de tous, comme le si célèbre Can-Can.
Chorégraphique, ciselée, toujours rythmée, la mise en scène se déploie dans un visuel coloré et décalé, entre moderne et intemporel, sur trois tableaux : la Terre, l’Olympe, et des Enfers imaginaires, où l’on rencontre des hommes, Dieux et créatures aussi fantasques qu’attachantes.
