
par Philippe Josserand
De nos jours, les Templiers peuvent sembler partout. Les Rois maudits de Maurice Druon sont passés par là et, plus récemment, le Da Vinci Code et le jeu vidéo Assassin’s Creed. Qui imagine cependant que le théâtre est à l’origine de cette fascination ? C’est sur les planches que l’ordre du Temple, au début du XIX e siècle, près de cinq cents ans après sa suppression, a retrouvé une présence publique et une actualité. Il l’a fait grâce à un homme, François-Just-Marie Raynouard, écrivain aujourd’hui bien oublié, qui, en créant Les Templiers au Théâtre-Français le 24 floréal an XII, soit le 14 mai 1805, s’est acquis le plus grand succès dramatique de l’Empire. L’œuvre a ouvert à son créateur l’Institut national, l’actuelle Académie française, et elle a donné lieu à de multiples produits dérivés, parodies, vaudevilles ou mélodrames. Elle a ainsi inauguré un retour en scène des Templiers et de leur dernier grand-maître,
Jacques de Molay, qui, en deux siècles, ne s’est jamais démenti. C’est à ce ressurgir, né d’un homme à la croisée des temps nouveaux issus de la Révolution, que la conférence s’intéressera, en s’attachant à faire revivre Raynouard et à comprendre ce qui fit qu’il s’est emparé des frères de l’ordre du Temple dans son désir de triompher par la plume dans la France du tournant des XVIII e et XIX e siècles.

Philippe Josserand

Normalien, agrégé d’histoire et ancien membre de la Casa de Velázquez, Philippe Josserand est Professeur des Universités en histoire médiévale à Nantes Université et membre du Centre de recherches en histoire internationale et atlantique (CRHIA).
Spécialiste internationalement reconnu de la croisade, des ordres religieux-militaires et de la Méditerranée, il a dirigé une douzaine d’ouvrages, dont Prier et combattre. Dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge (Fayard, 2009), The Templars and their Sources (Routledge, 2017), À la rencontre de l’Autre au Moyen Âge. In memoriam Jacques Le Goff (PUR, 2017) et D’Orient en Occident. Les Templiers des origines à la fin du XII e siècle (Snoeck, 2023). Il a publié une demi-douzaine de livres, dont Jacques de Molay. Le dernier grand-maître des Templiers (Les Belles Lettres, 2019, rééd. 2023), distingué par le prix d’histoire Daniel Ligou, L’histoire, l’ordre et le chaos. Une anthropologie de soi (Dépaysage, 2021) et Les sept vies de Jacques de Molay (Les Belles Lettres, 2023). Il est membre de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire.
Tarif normal : 10,00€